‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 85 sur 319 · L'ANE ET LA FLUTE · texte numérisé non relu

L'ANE ET LA FLUTE

* Lessotssont un peuple nombreux, Trouvant toutes choses faciles :

11 faut le leur passer, souvent ils sont heureux ; Grand motif de se croire habiles.

Un âne , en broutant ses chardons , Regardait un pasteur jouant, sous le feuillage ,

D'une flûte dont les doux sons Attiraient et charmaient les bergers du bocage. Cet âne mécontent disait : Ce monde est fou !

Les voilà tous, bouche béante.

Admirant un grand sot qui sue et se tourmente

A souffler dans un petit trou.

Cest par de tels efforts qu'on parvient à leur plaire ; Tandis que moi... Suffit... Allons-nous-en d'ici ,

Car je me sens trop en colère.

Notre une, en raisonnant ainsi, Avance quelques pas , lorsque , sur la fougère , Une flûte, oubliée en ces champêtres lieux

Par quelque pasteur amoureux , Se trouve sous ses pieds, rtotre âne se redresse, Sur elle de côté flxe ses deux gros yeux ; Une oreille en avant, lentement il se baisse, Applique son naseau sur le pauvre Instrument,

tSO FÀBLH».

Et souffle tant qu'A peut. O hasard incroyable!

Il en sort un wm agréable.

L*âne se croit un grand talent , .

Et , tout joyeox , s'écrie , en faisant la culbuta :

Eh ! je joue aussi de la flûte.

FABLE Vï.

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