‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 88 sur 319 · LE LÉOPARD ET L'ÉCUREUIL · texte numérisé non relu

LE LÉOPARD ET L'ÉCUREUIL

Un écureuil sautant, gambadant sur un chêne, Manqua sa branche, et vint, par un triste hasard,

* La petite espèce de chiens dont on veut parler porte le nom de cUenslions.

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Tomber sur un vieux léopard

Cui faisait sa méridienne.

Vous jugez s'il eut peur ! En sursaut s'éveillant,

L'animal irrité se dresse :

Et récureuil , s'agenouiilant , Tremble et se fait petit aux pieds de son altesse.

Après ravoir considéré , Le léopard lui dit : Je te donne la vie ; Mais à condition que de toi je saurai Pourquoi cette gaieté, ce bonheur que j'envie. Embellissent tes jours, ne te quittent jamais ,

Tandis que moi, roi des forêts,

Je suis si triste et je m'ennuie.

Sire, lui répond Técureuil ,

Je dois à votre bon accueil

La vérité : mais, pour la dire , Sur cet arbre un peu haut je voudrais être assis.

— Soit, j'y consens : monte. — J'y suis.

A présent je peux vous instruire.

Mon grand secret pour être heureux ,

C'est de vivre daus l'innocence :

L'ignorance du mal fait toute ma science; Mon cœur est toujours pur, cela rend bien joyeux. Vous ne connaissez pas la volupté suprême De dormir sans remords ; vous mangez les chevreuils, Tandis que je partage à tous les écureuils Mes feuilles et mes fruits; vous haïssez, et j'aime : Tout est dans ces deux mots. Soyez bien convaincu De cette vérité que je tiens de mon père : Lorsque notre bonheur nous vient de la vertu, La gaieté vient bientôt de notre caractère.

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Fable x*

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