LE PRÊTRE DE JUPITER
Un prêtre de Jupiter^
Père de deux grandes filles,
Toutes deux assez gentilles, De Dien les marier fit son soin le plus cher. Les prêtres de ce temps vivaient de sacrifices,
£t n'avaient point de bénéfices.
La dot était fort mince. Un jeune jardinier Se présenta pour gendre ; on lui donna Taînée.
Bientôt, après cet hyménée, La cadette devint la femme d'un potier . A quelques jours de là, chaque épouse établie Chez son époux, le père va les voir.
Bjonjour, dit-il: je viens savoir Si le choix que j'ai fait rend heureuse ta vie, S'il ne te manque rien, si je peux y pourvoir.'
Jamais, répond la jardinière,
Vous ne fîtes meillenre affaire :
La paix et le bonheur habitent ma maison ; Je tAche d'être bonne, et mon époux est bon ;
II sait m'aimer sans jalousie.
Je l'aime sans coquetterie :
Ainsi tout est plaisir, tout jusqu'à nos travaux; Nous ne désirons rien, sinon qu'un peu de pluie
Fasse pousser nos artichauts.
— C'est là tout? — Oui, vraiment. — Tu seras satisfaite, Dit le vieillard : demain je célèbre la fête De Jupiter; je lui dirai deux mots.
Adieu, ma fille. — :. Adieu, mon père.
Le prêtre, de ce pas, s'en va chez la potière
L'interroger, comme sa sœur.
Sur son mari, sur son bonheur.
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Oh ! répond eelle*ei , daas moD petit ménage,
Le travailt l'amour, la santé.
Tout va fort bien, en vérité; Nous ne pouvons suffire à la vente, à Touvrage : Notre unique désir serait que le soleil Nous montrât plus souvent son visage vermeil.
Pour sécher notre poterie.
Vous, pontife du dieu de Fair, Obtenez-nous cela, mon père, je vous prie ;
Parlez pour nous à Jupiter.
— Très-volontiers, ma chère amie..
Mais je ne sais comment accorder mes enfants :
Tu me demandes du beau temps,
Et ta sœur a besoin de {rfuie.
Ma foi, je me tairai, de peur d'être en défaut. Jupiter, mieux que nous, sait bien ce qu'il nousiiamt; Prétendre le guider serait folie extrême. Sachons prendre le temps comme il veut l'envoyer. L'homme est plus cher aux dieux qu'il ne Testa lui-même :
Se soumettre, c'est les prier.
FABLE XL