‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 136 sur 142 · LE POISSON VOLANT · texte numérisé non relu

LE POISSON VOLANT

ertain poisson volant, mécontént de son sort,

Disait à sa vieille grand’mère :

Je ne sais comment je dois faire Pour me préserver de la mort.

De nos aigles marins je redoute la serre Quand je m’élève dans les airs ,

Et les requins me font la guerre Quand je me pionge au fond des mers.

La vieille lui répond : Mon enfant, dans ce monde Lorsqu’on n’est pas aigle ou requin ,

1 1 faut tout doucement suivre un petit chemin ,

En nageant près de l’air et volant près de l’onde.

J’aurais encor beaucoup à dire ; Mais un autre le dira mieux.

Malgré ses efforts plus heureux , L’orgueil , l’intérêt, la folie , Troubleront toujours l’univers ; Vainement la philosophie Reproche à l’homme ses travers.

Elle y perd sa prose et ses vers.

Laissons , laissons aller le monde Comme il lui plaît, comme il l’entend , Vivons caché, libre et content,

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