LE POISSON VOLANT
ertain poisson volant, mécontént de son sort,
Disait à sa vieille grand’mère :
Je ne sais comment je dois faire Pour me préserver de la mort.
De nos aigles marins je redoute la serre Quand je m’élève dans les airs ,
Et les requins me font la guerre Quand je me pionge au fond des mers.
La vieille lui répond : Mon enfant, dans ce monde Lorsqu’on n’est pas aigle ou requin ,
1 1 faut tout doucement suivre un petit chemin ,
En nageant près de l’air et volant près de l’onde.
J’aurais encor beaucoup à dire ; Mais un autre le dira mieux.
Malgré ses efforts plus heureux , L’orgueil , l’intérêt, la folie , Troubleront toujours l’univers ; Vainement la philosophie Reproche à l’homme ses travers.
Elle y perd sa prose et ses vers.
Laissons , laissons aller le monde Comme il lui plaît, comme il l’entend , Vivons caché, libre et content,