‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 87 sur 142 · LE LION ET LE LEOPARD · texte numérisé non relu

LE LION ET LE LEOPARD

n valeureux lion, roi d’une immense plaine, Désirait de la terre une plus grande part,

Et voulait conquérir une forêt prochaine,

Héritage d’un léopard.

L’attaquer n’était pas chose bien difficile;

Mais le lion craignait les panthères , les ours Qui se trouvaient placés juste entre les deux cours. Voici comment s’y prit notre monarque habile :

Au jeune léopard, sous prétexte d’honneur,

Il députe un ambassadeur ;

C’était un vieux renard. Admis à l’audience,

Du jeune roi d’abord il vante la prudence ,

Son amour pour la paix , sa bonté, sa douceur,

Sa justice et sa bienfaisance ;

Puis, au nom du lion , propose une alliance Pour exterminer tout voisin Qui méconnaîtra leur puissance.

Le léopard accepte , et, dès le lendemain ,

Nos deux héros , sur leurs frontières ,

Mangent, à qui mieux mieux, les ours et les panthères. Cela fut bientôt fait; mais quand les rois amis , *

Partageant le pays conquis ,

Fixèrent leurs bornes nouvelles,

Il s’éleva quelques querelles :

Le léopard lésé se plaignit du lion ;

Celui-ci montra sa denture Pour prouver qu’il avait raison :

Bref, on en vint aux coups. La fin de l’aventure Fut le trépas du léopard ;

11 apprit alors , un peu tard.

Que , contre les lions , les meilleurs barrières Sont les petits états des ours et des panthères.

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