‹ Fables de Fontaine avec les notes de ChampfortChapitre 26 sur 86 · V. 1?. Bref y il plut dans son escarcelle · texte numérisé non relu

V. 1?. Bref y il plut dans son escarcelle

La Fontaine en disant qu'il plut dans la bourse de ce marchand f a voulu exprimer avec force qu'il avait fait fortune , sans qu'il l'eût mérité par ses soins et par sa prévoyance *, comme il a soin de dire ensuite que s'il fut ruiné , ce fut par son imprudence , par sa faute ^ et même pour avoir trop dépensé. Mais à la fin de son Apologue y il en exprime trop longuement la moralité* Il fallait passer bien rite à ces deux vers admirables :

Le bien nous le faisons : le mal c'est la Fortune, On a toujours raison y le Destin toujours tort.

304 Notes, Liv. VII.

F A 1 L B XV, page 3o.

V. 6. Cett un torrent , qu'y faire ? il faut qu'il ait son cours.

Cela fut et sera toujours.

Il est aise de voir qu^ll y a ici dans les mots une contradiction q nuit à la liaison des idées. Un torrent réveille Tidéc d^une cho qui passe y et cela fut et sera toujours y exprime précisément Tid contraire.

y. 10. Terdait'On un chiffon ^ avait^on , etc Ces cinqn

sont charmans. C'est une peinture de mœurs qui est encore fidè de nos jours ; et ce dernier trait : "Pour se faire annoncer ce que l'i desirait y développe les derniers replis du cœur humain. Il y a un mot d'omis dans l'imprimé > il faut lire :

Che\ la defineresse aussi- tôt on courait.

Sans quoi il n'y a point de vers, (i) Voyez le vers i3. Fallut deviner y etc. Dans ce style familier, on peut supprimer il, et dire fallut au lieu de il fallut.

Et gagner malgré soi t etc, C*est en partie ce qui arriva au Médeda malgré lui de Molière. •

Force écoutans , etc. Le lecteur croit que La Fontaine rm ajouter, parce que cet orateur est Toraclc du barreau. Point dn tout ; il ajoutf , dcmandei-moi pourquoi , et se moque à la fois et dn public et de Vavocat. CVst une épée à deux tranchans. C'est l'art des grands maîtres de savoir se jouer à propos de leur sujet.

Fablb X^''I, page 3a.

V. 6. . . . Faire à l'Aurore sa cour y Parmi le thym et la rosée.

La Fontaine possède cet arr , qui dit sans s'avilir les plus petites choses y selon l'expression de Boiloau ; mais nous verrons cette idée

(1) Les meilleures éditions que nous avons consultées portent: Che{ la dcvineiisc on courait y nous Pavons adopte pour cette édition. Alors le vers y est ; mais devineusevie.sx. pas français; et sans -doute c'était alors, comme aujourd'hui, l'expression du peuple y raison pour laquelle La Fontaine peut s'f^rro servi de cette expression. Le mot devine y employé plus loin, semble justifier cette réflexion.

exprimée

Notes, L i v. V 1 1. 3o5

exprimée encore bien plus poétiquement dans la fable quinzième ilii titre 10.

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