V. 104* Tous renonçaient au lot deâ belles actions
Cest ici que La Fontaine abandonne son anteur pour s^appropner 1a morale de ce conte à Page et à IVtat du prince auquel il est adressé ; mais Tanteur italien n*en use pas ainsi ; il poursuit son projet y et quand Ulysse pour ramener ses gens à Tëtat d'hommes , leur parle de belles actions et de gloire y voici ce que Tun d'eux lui répond : n Vraia» ment nous Toilà bien. N'est-ce pas ton bel amour de gloire qui nous a» a conduit ici \ N'est-ce pas lui qui est la cause de tons nos malheurs M passés , de dix ans de traraux devant Troyc , de dix autres années M de souffrances et d'alarmes sur les mers 1 N'est-ce pas ton amour w de gloire qui a fait de nous si long-temps des meurtriers mercé* M naîres 9 couverts de cicatrices î Lequel valait le mieux pour toi M d'être l'appui de ton vieux père qui se meurt de douleur y de ta w femme qu'on cherche à séduire depuis vingt ans y quoiqu'elle n'en M vaille pas la peine ; de ton fils y que les princes voisins vont dé* » pouiller , de gouverner tes sujets avec sagesse , de nous rendre M heureux en nous laissant pratiquer &ous nos cabanes des vertus que *> tu aurais pratiquées dans ton palais î Lequel valait mieux de goàter M tous ces avantages de la paix et de la vertu » ou de t'expatrier y toi » et la plus grande partie de tes sujets pour aller restituer une femme M fausse et perfide à son imbécile époux y qui a la con5itance de la » redemander pendant dix ans ? Retire-toi et ne me parle plus de ta u gloire , qui d'ailleurs n'est pas la mienne , mais que je détcsit; » comme la source de toutes nos calamités ».
Il me semble qu'il y a dans cette réponse des choses fort sensées et auxquelles il n'est pas facile de répondre. Je suis bien loin de !>lAiner La Fontaine du parti qu'il a pris *, mais il est curieux d'observer que ce que dit le compagnon d'Ulysse sur les guerirs , sur les conquêtes , sur la gloire , etc. offre le même fond d'idées que Fcnclon développa depuis dans le Télémaque : ce sont les principes dont il fit la base de l'éducation du duc de Bourgogne. Si ces principes > connus ensuite de Louis XIV , plus de quinze ans apriVs , occasionnèrent la disgrâce de Fénélon , on peut juger de la manière dont La Fontaine auniit été re^u , s'il se fut avisé d'imiter jusqu'au bout l'original italien.
Fable I I » pt^ge mj\.
Cette fable est joliment contée } mais voiKi y je crois , le seul é!ogc que l'on puisse lui donner.
Notes, Liv. XII. 847
V. 33. J'en crois voir quelques traits, mais leur ombre m'abuse. Il ne faut pas voir quelques traits de la moralité d*un Apologue , il faut Toir l'image toute entiùre. Dans la fable des animaux , clans celle de Valouette et de set petits y dans celle du rat retiré du monde<j ce n'est pas une ombre douteuse et confuse que le lecteur entrevoit, c'est la <;Iiose même. L*auteur sait ce qu'il a voulu dire , et nVst pas obligé de s'en rapporter aux lumières d'un prince âgé de huit ans.
Fable III» page 194.
V. 1. Un homme accumulait y etc, . . Fort jolfe historiette dont il *n'y a pas non plus beaucoup de morale à extraire, sinon que l'ava* rice est un vice ridicule , et que quand un a le malheur d'en î^tre atteint , il faut bien fermer son coffre.
Fable IV, page 196.