‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 112 sur 394 · LE VIEILLARD ET SES ENFANTS · texte numérisé non relu

LE VIEILLARD ET SES ENFANTS

Toute puissance est faible, à moins que d'être unie : Écoutez là-dessus l'esclave de Phrygie.

Si j'ajoute du mien à son invention, C'est pour peindre nos mœurs, et non point par envie Je suis trop au-dessous de cette ambition. Phèdre enchérit souvent par un motif de gloire ; Pour moi, de tels pensers me seraient mal séants. Mais venons à la fable ou plutôt à l'histoire De celui qui tâcha d'unir tous ses enfants.

Un vieillard près d'aller où la mort l'appelait : Mes chers enfants, dit-il (à ses fils il parlait), Voyez .si voi s romprez ces dards liés ensemble; Je vous expliquerai le nœud qui les assemble. L'aîné les ayant pris, et fait tous ses efforts, Les rendit en disant : Je le donne aux plus forts. Un second lui succède et se met en posture, Mais en vain. Un cadet tente aussi l'aventure. Tous perdirent leur temps : le faisceau résista ; De ces dards joints ensemble un seul ne s'éclata. Faibles gens, dit le père, il faut que je vous montre Ce que ma force peut en semblable rencontre.

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