XVI PRÉFACE
nouvelles. Mais il se lassa bientôt de cette vie dissolue, et, par une heureuse réaction, il éprouva enfin un impérieux besoin de revenir à sa vie studieuse et régulière.
Sans être encore célèbre, Krilof était cependant déjà connu et très-estimé des plus illustres personnages de son temps. Beaucoup d'artistes et d'esprits distingués avaient su démêler dans ses productions les signes d'un talent qui était loin d'avoir dit son dernier mot.
L'impératrice douairière, veuve de Paul I", Marie Fœdorovna, mère de l'empereur Nicolas, émue de sa position précaire, le fît nommer, en qualité de secrétaire, auprès du prince Serge Galitzin, alors gouverneur de Riga.
Krilof remplit ses fonctions pendant trois années et s'en démit quand le prince prit sa retraite. Celui-ci, habitué à la société de Krilof, s'était sincèrement attaché à lui; il savait apprécier son caractère loyal et trouvait un grand charme dans sa conversation. Il l'engagea donc à l'accompagner dans ses terres, où Krilof pourrait vivre à sa guise, libre de toute préoccupation et de tout souci. Notre poète accepta, sans hésiter, une invitation faite avec une si touchante bienveillance. Depuis longtemps, d'ailleurs,