‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 119 sur 161 · LE VILLAGEOIS ET LE SERPENT · texte numérisé non relu

LE VILLAGEOIS ET LE SERPENT

Un jour d'hiver, un serpent Près d'un villageois se glisse.

« Voisin , je suis sans malice, Lui dit l'animal rampant.

A ton foyer plus de cause Pour m'empêcher d'être admis ; De grand cœur je te propose De nous voir en bons amis.

Je suis tout autre, et la preuve, Tu peux la voir par tes yeux :

Au printemps, j'ai fait peau neuve.

— Oui, dit l'autre, c'est au mieux; Mais triple sot qui t'écoute Et te croit bien corrigé ; De peau tu changeas sans doute.

Mais ton cœur n'a point changé. »

Il dit, et, sans plus attendre.

Pour prévenir son dessein , D'un coup de hache il va fendre La tète à son l)on voisin.

Vous qu'à bon droit on soupçonne, Qui d'habit savez changer, En vain d'un masque étranger Vous couvrez votre personne ; Le traître vil et rampant Est, malgré son air affable, Traité comme en notre fable Est traité notre serpent.

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