‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 12 sur 161 · XVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XVIII PREFACE

une si piquante vérité, il l'initia aux ridicules, aux manières prétentieuses, aux faux grands airs de ces employés et de cette noblesse de province auxquels il réservait les traits les plus mordants de ses apologues satiriques.

Il se complaisait beaucoup plus à la fréquentation de ces bons campagnards que dans la société des nobles visiteurs qui venaient, escortés d'une meute de valets, s'installer tour à tour au château. Aucun d'eux n'était en état de le comprendre et de l'apprécier. A l'exception du maître, tous ne voyaient en lui qu'un parasite et un intrus. Personne pourtant ne savait plus délicatement reconnaître l'hospitalité qui lui avait été si noblement offerte; car, sans y avoir été sollicité, il s'était fait un devoir de consacrer une partie de son temps à l'éducation des enfants du prince.

En 180G, Krilof quitta les bords du Volga. Il éprouvait le besoin de revoir ses anciens amis. En revenant à Saint-Pétersbourg, il s'arrêta à Moscou. Il y trouva Dmitrief, Karamsine et Joukovski , tous trois en possession de la faveur publique.

Il se lia intimement avec le premier, qui lui conseilla, comme exercice littéraire, de traduire le Chcne et le Roseau et la Fille^ de la Fontaine. L'admira-

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