LE MARCHAND
« André, viens vite, écoute un peu ; Où diable es-tu fourré, compèie?
Disait un oncle à son neveu.
Viens, tu vas m' admirer, j'espère.
Si comme moi tu vends, morbleu !
Tu feras vite ton affaire.
Je t'en fais juge : tu connais Ce coupon de drap polonais Qui, si longtemps dans ma boutique.
Déteint, moisi, semblait perdu?
Eh bien , il a trouvé pratique :
Pour drap anglais je l'ai vendu !
Regarde, mon cher, et confesse
' Un biographe prèle ce travers à l'auteur de Rolla. Nous aurions peur de blesser trop de gens en invoquant cette allégation à l'appui de cet apologue assez bizarre.
Qu'on ne saurait plus aisément Mettre cent ducats dans sa caisse.
A quelque nigaud , Dieu v raiment Lui-même a donné mon adresse!
— Qui fut nigaud dans tout ceci?
Lui répond l'autre avec franchise.
Si fausse était la marchandise, Vois : les ducats sont faux aussi. "
Qu'un marchand fraude les pratiques, Rien d'étonnant : le fait est vieux ; Mais, si moins bas que les boutiques X^ous voulions bien porter les yeux , \ous verrions, dans les hautes sphères, Gens à qui mieux mieux occupés A traiter ainsi des affaires Où les dupeurs se voient dupés.