‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 152 sur 161 · LE LOUP ET LE CHAT · texte numérisé non relu

LE LOUP ET LE CHAT

Un loup, d'un bois voisin s'enfuyant au plus vite,

Courait à travers un hameau.

Le galant, à coup sûr, n'allait pas en visite ; Près de perdre la vie, il tremblait pour sa peau. Les chiens et les chasseurs étant à sa poursuite. Tout en courant, mon loup cherchait, du coin de l'œil. Un toit hospitalier qui put lui faire accueil. Par malheur, au verrou toute porte était close.

Soudain il aperçoit un chat

Qui , tranquille, et d'un air béat,

Sur un mur d'enclos se repose, ic Yaska, mon bon Vaska, dis-moi, sans trop tarder. Si, dans l'affreux péril où mon malheur m'expose. Tu connais un mougik qui soil prêt à m'aider.

Entends-tu les abois de la meute en furie

Et les sons effrayants du ror?

C'est après moi qu'on court, et contre moi qu'on crie!

— Stéphane, dit le chat, peut te sauver encor ; Va vile l'en prier : c'est, dit-on, un cœur d'or.

— Oui , sans doute ; mais chez Stéphane J'ai pris , l'autre jour, un mouton.

— Eh bien , tu peux alors te risquer chez Demiane.

— \on pas ! J'ai pris son bouc; il m'en veut fort, dit-on.

Et j'ai peur de quelque chicane.

— Va donc trouver Ivan , dont voici la maison.

— Ivan! mais avec lui je crains une entrevue. Pour certaine brebis qu'il n'a jamais revue, V^ers le printemps dernier, il m'a cherché raison.

— Ça va mal! Mais chez Klime on t'ouvrira, je pense.

— Hélas ! chez Klime, un jour, j'ai mis en pièce un veau, Mon bon Vaska. — Qu'entends-je? Eh! voilà du nouveau ! Chez ceux que tu pillas tu viens chercher défense !

Tu les crois donc bien sots? Penses-tu qu'ils soient prêts

A te prêter secours contre leurs intérêts ?

Xon certe, et c'est bien fait ! ne t'en prends qu'à toi-même ;

De tes délits solde les frais :

On récolte ce que Ton sème. ••

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