‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 26 sur 161 · PREFACE. XXXIX · texte numérisé non relu

PREFACE. XXXIX

qualités propres à se naturaliser facilement chez nous. En vain nous dira-t-on que la fable a fait son temps , que le franc parler de la pensée moderne Га mise désormais hors d'emploi ; nous persistons à croire que la fable est un genre littéraire qui doit demeurer essentiellement français. Elle a eu son rôle à toutes les époques littéraires. Elle a toujours reflété plus ou moins la politique et les mœurs du temps , et nous ne voyons pas de bonnes raisons pour qu'elle abdique aujourd'hui ses prétentions. Ln de nos grands poètes , nous le savons , a tenté de propager ses dédains pour ce genre modeste : les protestations qu'a soulevées cette inutile insulte faite au génie nous rassurent, et la recrudescence d'admiration qui se produit, en ce moment même, sous les formes les plus variées de l'art , à l'égard de la Fontaine, nous prouve que l'apologue n'a rien perdu de sa faveur.

Une autre réflexion nous encourage encore : les efforts de nos écrivains tendent aujourd'hui à populariser la littérature comme la science , et l'on ne saurait nier que, pour favoriser cette heureuse initiation des classes peu lettrées aux choses de l'esprit , le genre simple et familier de l'apologue ne soit un des auxiliaires les plus utiles. Sans doute, la litté-

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