‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 3 sur 161 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

Un homme du peuple fut le Malherbe de cette langue si méprisée. Sous le règne de Timpératrice Elisahetli, Lomonossof (1740), fils d'un pécheur des bords de la mer Blanche, donna tout à la fois à la langue russe sa grammaire et sa poétique, et, dans des œuvres tour à tour scientifiques et littéraires, multiplia les préceptes elles exemples. Mais, lorsque le goût littéraire commença de s'éveiller chez le peuple russe, il n'en était déjà plus à cette période de naïveté où l'instinct populaire se produit spontanément sous des formes originales. Aussi les premiers efforts de ses écrivains furent-ils tout d'abord consacrés à copier presque textuellement les chefs-d'œuvre des littératures étrangères, et les relations de Calherinc II avec nos philosophes du dixhuitième siècle contribuèrent à pousser les écrivains russes plus particulièrement dans la voie de l'imitalion française. Tandis que Soumarakof, Kniajnine et Fou-Visine se font l'écho de Molière, de Racine ou de Voltaire, Pétrof, Kapnist et Derjavine s'inspirent des chants de nos grands lyriques. Mais, sous la plume de ces écrivains inexpérimentés, la langue se hérisse de formes incompatibles avec son génie. Leur goût encore hésitant ne s'assimile qu'incomplètement les beautés de leuis modèles et en exagère

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