LE LIÈVRE A LA CHASSE
Les animaux en foule unissant leurs efforts , Avaient pris un ours à la chasse.
Pour étrangler la bête et diviser son corps
Dans un champ désigné chacun tenait sa place. Un lièvre alors près du butin
Se glisse, et vient à l'ours couper un bout d'oreille.
" Bah! c'est toi! lui dit-on; d'où viens-tu si matin?
C'est quand tout est fini que ton ardeur s'éveille?
Tu n'étais pas en chasse. — Oh! comme on est jugé !
Dit le lièvre ; c'est moi qui , sans reprendre haleine ,
Ai traqué l'ours au bois et qui l'ai mis en plaine. »
Notre héros mentait d'un air si dégagé,
Que, quoiqu'on vît bien clair dans sa fanfaronnade,
Son morceau lui fut adjugé.
Pour le payer de sa boutade.
On rit des fanfarons , mais un fait est certain : C'est que toujours ces bons apôtres , Quand on partage le butin, Se font leur lot avant les autres.