‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 54 sur 161 · LE LIÈVRE A LA CHASSE · texte numérisé non relu

LE LIÈVRE A LA CHASSE

Les animaux en foule unissant leurs efforts , Avaient pris un ours à la chasse.

Pour étrangler la bête et diviser son corps

Dans un champ désigné chacun tenait sa place. Un lièvre alors près du butin

Se glisse, et vient à l'ours couper un bout d'oreille.

" Bah! c'est toi! lui dit-on; d'où viens-tu si matin?

C'est quand tout est fini que ton ardeur s'éveille?

Tu n'étais pas en chasse. — Oh! comme on est jugé !

Dit le lièvre ; c'est moi qui , sans reprendre haleine ,

Ai traqué l'ours au bois et qui l'ai mis en plaine. »

Notre héros mentait d'un air si dégagé,

Que, quoiqu'on vît bien clair dans sa fanfaronnade,

Son morceau lui fut adjugé.

Pour le payer de sa boutade.

On rit des fanfarons , mais un fait est certain : C'est que toujours ces bons apôtres , Quand on partage le butin, Se font leur lot avant les autres.

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