X PREFACE
fabuliste, ne pratiqua jamais assez notre langue pour la parler bien couramment.
Le jeune Ivan n'avait que quatorze ans lorsqu'il perdit son père. L'orphelin se trouva dès lors le seul soutien comme il était l'unique consolation de la pauvre veuve. Il fallait donc obtenir pour lui un emploi qui fournît à la mère et à l'enfant de quoi suffire à leurs premiers besoins. La nomination du jeune Krilof à une place de commis inférieur à la chancellerie de la cour de justice de Kaliazin fut la mince faveur que sa mère obtint après de longues sollicitations ; mais elle parvint, un an après, à faire nommer son fils à un poste analogue, à Tver, où son père avait servi. Ce changement de résidence n'amena aucune amélioration dans la position de la famille, qui bientôt se trouva en proie à une telle misère, que madame Krilof résolut de se rendre à Saint-Pétersbourg, afin d'y solliciter une pension pour elle et une place plus lucrative pour son fils.
Ce voyage, entrepris dans des conditions si malheureuses, décida de l'avenir de Krilof. Il avait à peine dix-sept ans quand il arriva dans la capitale. Il y fut presque immédiatement placé comme scribe dans le cabinet de l'empereur. C'était un très-modeste emploi ; mais il fallut bien s'en contenter, et