‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 8 sur 161 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

parle, le choix des points de vue différents auxquels il se place, la hardiesse avec laquelle il poursuit de son fouet de critique les classes les plus irritables de la société, son ironie vive, profonde, et son hon sens, tout nous prouve que la véritable vocation de Krilof était réellement la littérature satirique, et Fou doit vivement regretter, malgré sa supériorité dans la fable, qu'il ait cessé, depuis, de se livrer à la critique des mœurs.

Au bout d'une année, la Poste aux esprits cessa de paraître ; mais Krilof se hâta de créer un nouveau journal , le Spectateur ^ dont le fond était plus sérieux et la forme conséquemment plus grave. C'était un manifeste contre les vices du temps que l'écrivain présentait sous les aspects les plus propres à en inspirer le mépris et le dégoût. Il y avait un certain courage dans une pareille entreprise, et l'intention de l'auteur était animée d'un noble dévouement. Mais le public ne lui en tint pas compte. Nous sommes disposés à rire avec celui qui se moque spirituellement de nos travers; mais celui qui fait à nos vices une guerre en règle nous trouble dans notre repos, et ne retire aucun fruit des efforts qu'il fait pour nous rendre meilleurs.

Le Spectateur ne vécut pas plus que la Poste aux

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