‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 132 sur 428 · LES DEUX COQS · texte numérisé non relu

LES DEUX COQS

Dans Albion, deux coqs pour le combat dressés,

Sur l'arène, un beau jour, menaçants, hérissés,

Promettaient une lutte, et des plus acharnées.

Déjà l'on pariait bank-notes et guinées;

Déjcà des spectateurs les rangs étaient pressés...

L'un de nos champions tout à coup se ravise,

Et dit : « Pour le plaisir, pour l'intérêt d' autrui, Nous allons aujourd'hui Nous battre! c'est sottise.

Ami, loin de nous attaquer, Gardons nos forces toujours prêtes

Contre les ennemis qui viendraient pour croquer Et notre graine et nos poulettes... »

A ces mots, laissant là les Anglais ébahis, Et dans les airs se frayant un passage,

Nos coqs en liberté gagnèrent le pays

Ne suivra-t-on jamais un exemple si sage?

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