‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 173 sur 428 · L'ARBRE MERVEILLEUX · texte numérisé non relu

L'ARBRE MERVEILLEUX

Dans un rêve, je vis Relever vers la nue

i ii arbre d'tfpèce inconnue, Dont les bras s'étendaient en \avfe partflof, Dont les pieds s' allongeant envahissaient le sol. Les plantes, et surtout les plus maigret arbustes.

Le boisson, la ronce, le lionx

De mou bel arbre étaient jaloux.

« Fuyez, s'écriaient-ils, dans leurs haines injustes; A ses fleurs, à ses fruits, vivants, ne touchez pas :

De ses fleurs le poison s'exhale,

Ses fruits renferment le trépas, Et son ombre elle-même au sommeil est fatale... » A ces mots, les passants fuyaient, saisis d'horreur. Mais ceux qui, repoussant une vaine terreur, De l'arbre gigantesque approchaient, — ô merveille' Respiraient une essence à nulle autre pareille, 0 bonheur ! savouraient des fruits délicieux, Et s'endormaient, bercés de songes gracieux.

Par la sottise et l'égoïsme Cet arbre outragé, méconnu, Vers le monde réel quand je lus revenu. Je le nommai : socialisme!

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