LA FLEUR DE SANTÉ
Un jeune homme, dormant le jour, veillant la nuit, Sur ses traits voit descendre une pâleur extrême,
Et la santé, ce bien suprême.
A tire d'aile aussi s'enfuit.
I n \ieii\ docteur, un honnête homme
Que pour sa science on renomme.
Lui dit : « Si vous voulez guérir, Chaque matin, dès l'aube, il vous faut parcourir
Et le mont verdoyant et la plaine fleurie.
Bientôt vous trouverez, au fond de la prairie,
Une fleur précieuse; en son sein velouté
Le printemps toujours brille. Elle est rose; on l'appelle
Fleur de Santé. »
Aux avis du docteur le jeune homme fidèle, Dès l'aube, chaque jour, visitait à la fois
Les jardins, les prés et les bois,
Cherchant partout la fleur si belle Qui devait lui verser la force et le bonheur. Fendant quelques longs mois il avait, plein d'ardeur,
Parcouru les monts et la plaine, Sans voir briller la plante, objet de tous ses vœux. Enfin, perdant courage, il va conter sa peine
Au bon vieillard qui, tout joyeux, Le prenant par la main, vers un miroir l'entraîne. « De mon expérience, ah ! vous aviez douté ! » Lui dit-il. Le jeune homme, ô surprise, ô merveille! Sur sa joue aperçoit, rayonnante et vermeille, Fleur de santé.