‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 47 sur 428 · L'HOMME ET LE CADRAN SOLAIRE · texte numérisé non relu

L'HOMME ET LE CADRAN SOLAIRE

Un homme cheminant voit un cadran solaire. Comme l'astre du jour en ce moment l'éclairé, L'interprète du temps, d'un doigt indicateur,

Annonce l'heure au voyageur.

Plus tard, regagnant sa demeure, Notre homme encore eût voulu savoir l'heure; Mais autour du soleil un nuage passait,

Et le cadran resta muet.. .

Le soleil, c'est la foi ; le cadran, c'est notre âme. Tant que la foi nous verse un rayon de sa flamme, Nous marchons pleins de force, utiles, glorieux ; Mais, quand pèse sur nous le doute ténébreux, Notre âme. qui languit dans un sombre esclavage, Attend, pour se reprendre à des jours plus heureux, Que le vent de l'espoir ait chassé le nuage.

FABLES. Bi

LE BOUQUET D'ÊGLANTINES.

Victor, écolier paresseux, Eût voulu sans étude acquérir la science. Il admirait les beaux-arts, l'éloquence ; Mais pour lui le travail était un joug affreux.

Son maître, homme plein de prudence, Lui prépare, un beau jour, une utile leçon. Il conduit dans les champs le petit polisson « Cueille-moi, lui dit-il. un bouquet d'églantines. Victor vole soudain au plus proche buisson. Il n'est pas, on le sait , de roses sans épines : Il se pique les doigts et s'enfuit en pleurant.

Son professeur, le rassurant, Lui dit : « Arrache, enfant, une épine traîtresse, Et de la fleur alors ta main sera maîtresse. Bientôt notre écolier, justement orgueilleux, Revient en brandissant le bouquet périlleux. « l'ai su t'olïrir par la. dit le professeur sage, Do travaux de L'esprit une mante image : Veux-ta de la science atteindre le> beautés? Par un travail ardent surmonte avec courage

L'étude e! ses difficult Ronces qui devant toi Qaîssenl de tous cotés. »

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