‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 201 sur 354 · LE PARATONNERRE · texte numérisé non relu

LE PARATONNERRE

La Cloche dit un jour à l'aiguille aimantée :

Se dresse vers les cieux du haut d'un monument.

« Par le savoir humain toi qui fus inventée,

Tout à coup un feu brille, éclate,

Oses-tu bien

Suit l'aiguille et se perd dans l'humide élément.

Opposer ton pouvoir au mien?

La Cloche vainement se flatte ,

Lorsqu'un Dieu courroucé va tout réduire en poudre,

Par son rapide tintement,

J'arrête dans ses mains la tempête et la foudre.

De maîtriser la foudre et conjurer l'orage;

Tiens, vois ce nuage, là-bas,

Elle entrouvre les airs, va fendre le nuage;

D'où scintille l'éclair, messager du trépas :

A la flamme électrique elle fait un passage.

Vois , le météore s'avance ;

Aussitôt l'horrible sillon

De ta ridicule science

Tombe sur le clocher, le brise , le dévore ,

Il chàtira bientôt le sacrilège orgueil... »

El laisse dans les cœurs la consternation.

Le nuage s'étend, de son crêpe de deuil

Epouvantant toute la terre.

Par ce nouveau récit , vous le voyez encore ,

La Cloche sonne, sonne, et le Paratonnerre

La science a vaincu la superstition.

148 FABLES DE LAf.II AMDEALDIE.

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