LE PARATONNERRE
La Cloche dit un jour à l'aiguille aimantée :
Se dresse vers les cieux du haut d'un monument.
« Par le savoir humain toi qui fus inventée,
Tout à coup un feu brille, éclate,
Oses-tu bien
Suit l'aiguille et se perd dans l'humide élément.
Opposer ton pouvoir au mien?
La Cloche vainement se flatte ,
Lorsqu'un Dieu courroucé va tout réduire en poudre,
Par son rapide tintement,
J'arrête dans ses mains la tempête et la foudre.
De maîtriser la foudre et conjurer l'orage;
Tiens, vois ce nuage, là-bas,
Elle entrouvre les airs, va fendre le nuage;
D'où scintille l'éclair, messager du trépas :
A la flamme électrique elle fait un passage.
Vois , le météore s'avance ;
Aussitôt l'horrible sillon
De ta ridicule science
Tombe sur le clocher, le brise , le dévore ,
Il chàtira bientôt le sacrilège orgueil... »
El laisse dans les cœurs la consternation.
Le nuage s'étend, de son crêpe de deuil
Epouvantant toute la terre.
Par ce nouveau récit , vous le voyez encore ,
La Cloche sonne, sonne, et le Paratonnerre
La science a vaincu la superstition.
148 FABLES DE LAf.II AMDEALDIE.