‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 225 sur 354 · LE KHOXE ET LE LAC DE GENEVE · texte numérisé non relu

LE KHOXE ET LE LAC DE GENEVE

Le Rhône, rapide, écumant,

le du liaut des monts et se lia

A travers les eaux du Léman.

Le lac lui dit un jour : « Ecoute un avis sage : Dans mon lit calme et pur endors-toi mollement.

Quelle impatience l'irrite '/

Vois : contre les vents orageux De mille sommets neigeux

L'éternel rempart nous abrite.

Pour goûter désormais un facile repos,

Laisse mon onde avec tes flots

Se marier et se confondre... »

Mais le fleuve, sans lui répondre, Précipite sa course. Ah ! c'est «îu'il vent remplir

Sa tache utile et glorieuse, Quoiqu'en ses profondeurs une mer furieuse

Doive bientôt l'ensevelir,

Tout lier du but qu'il se propose,

Il se hâte, et chaque cité,

Et chaque rive qu'il arrose Lui doivent la richesse et la fertilité.

Beau fleuve, ainsi que toi jamais ne se iv Celui qu'une foi vive est venu agiter.

Par une main divine il se laisse conduire, Et, tout au seul devoir dont il sait s'acquitter,

Le danger ne peut l'arrêter,

Le plaisir ne peut le séduire.

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