LE KHOXE ET LE LAC DE GENEVE
Le Rhône, rapide, écumant,
le du liaut des monts et se lia
A travers les eaux du Léman.
Le lac lui dit un jour : « Ecoute un avis sage : Dans mon lit calme et pur endors-toi mollement.
Quelle impatience l'irrite '/
Vois : contre les vents orageux De mille sommets neigeux
L'éternel rempart nous abrite.
Pour goûter désormais un facile repos,
Laisse mon onde avec tes flots
Se marier et se confondre... »
Mais le fleuve, sans lui répondre, Précipite sa course. Ah ! c'est «îu'il vent remplir
Sa tache utile et glorieuse, Quoiqu'en ses profondeurs une mer furieuse
Doive bientôt l'ensevelir,
Tout lier du but qu'il se propose,
Il se hâte, et chaque cité,
Et chaque rive qu'il arrose Lui doivent la richesse et la fertilité.
Beau fleuve, ainsi que toi jamais ne se iv Celui qu'une foi vive est venu agiter.
Par une main divine il se laisse conduire, Et, tout au seul devoir dont il sait s'acquitter,
Le danger ne peut l'arrêter,
Le plaisir ne peut le séduire.