‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 227 sur 354 · LE FERMIER ET LES ANES · texte numérisé non relu

LE FERMIER ET LES ANES

I ii Fermier fournissait des pommes à Paris : Grand trouble aux champs; qui portera ces fruits? Belle demande! Eh! ce seront les Anes!

On le sait bien, les baudets en tous lieux Sont des souffre-douleurs, et tout roule sur eux.

oit donc nos roussins partir en caravanes, Portant de quoi dîner tant aux manants qu'aux rois, Et tant aux nobles qu'aux bourgeois, Premièrement la charge fut petite; Aussi les messagers n'en allaient que plus vite. On mit sur le tapis un système nouveau :

A lionne échine l'on fardeau !

En augmentant la charge on crut faire merveille. Les malheureux, baissant l'oreille.

Donnent au diable et pommes et gourmands,

Mais ce n'était qu'entre leurs dents; Il faut souffrir et ne rien duc A leur retour, ce fut bien pire; Le Fermier, en homme de poids, \uulul faire doubler la charge celte fois; On obéit; les gens si fort doublèrent, Qu'enfin les Anes succombèrent.

Peut-être un esprit plébéien Pour les impùts prendra les [tommes, Croira que les Baudets représentent les hommes, Que le Fermier du trône est le soutien; Ah! gardez-vous d'une telle méprise :

Les ministres chinois feraient bien la sottise, 'lai- les nôtres son! gens de bien.

"&MVi»(M

Page 1