L'AMOUR ET LK CHAGRIN
Cupidon frappe à la porte d'Hélène Dont la beauté compte seize printemps.
Elle ouvre, il entre, et ses yeux éclatants Font pénétrer une flamme soudaine Dans les replis de ce cœur ingénu.
Dans l'atmosphère un arôme inconnu Du vrai bonheur communique l'essence El de l'Amour signale la puissance.
Qui donc survient? On voit le dieu pâlir Et de ses yeux les rayons s'affaiblir.
Paris.
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FABLES DE 1ACBAMBEAUD1E.
[in étranger mystérieux el D'un manteau noir au loin projette l'ombre. Devant la belle, au regard étonné.
Il porte un front de soucis couronné, Et île l'Amour, qui baisse la prunelle, Il va presser une main fraternelle.
Oui, fraternelle : il nomme Cupidon Sun digne frère et son cher compagnon.
En vain l'Amour veut repousser l'étreinte; De la subir sa faiblesse est contrainte.
Hélène alors, le cœur glacé d'effroi :
« Quel est ce spectre horrible, réponds-moi?
— C'est le Chagrin! Toujours de sa présence
Pèse sur moi la fatale influence;
De l'éviter j'ai beau prendre le soin,
Il me poursuit ou de prés ou de loin ;
Innocemment je deviens infidèle
Aux tendres cœurs que son ombre attrista...
Adieu ! » Disant ces mots, à grands coups d'aile
L'Amour s'enfuit et le Chagrin resta.
Raitp de Brest, h bord du Duyuc.icliii , 8 février 1852.