‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 310 sur 354 · LES ENFANTS DU PÊCHEUR · texte numérisé non relu

LES ENFANTS DU PÊCHEUR

Notre père est parti; pour que Bieu nous le rende,

Frère, prions à deux genoux.

Sa barque est si petite, et la mer est si grande!

Seigneur, ayez pitié de nous!

Contre l'éeueil, contre l'orage, Seigneur, daignez le secourir ; S'il ne revient pas au rivage , Tous deux il nous faudra mourir.

— Frère, vois ce point dans l'espace, Ce point que nous montre un éclair...

Hélas! c'est un oiseau qui passe, Qui passe et. disparait dans l'air.

Notre père est parti; pour que Dieu nous le rende,

Frère, prions à deux genoux.

Sa barque est si petite, et la mer est si grande!

Seigneur, ayez pitié de nous !

POÉSIES DE LACHAMBEAIDIE.

Depuis que notre pauvre mère Parmi les anges remonta, Seul , prés de nous, douleur amère!

Tout seul notre père resta.

Frère, sa voile! bon courage!

La vois-tu, frère, à l'horizon?

Hélas ! ce n'est qu'un blanc nuage Qui vnle au gré de l'aquilon.

Notre père est parti; pour que Dieu nous le rende,

Frère , prions à deux genoux.

Sa barque est si petite et la mer est si grande!

Seigneur, ayez pitié de nous!

Ses filets, sa barque fragile, Voilà notre unique trésor; Cette cabane est notre asile; On y fait quelques rêves d'or.

— Frère, qu'apporte cette lame?

Du retour est-ce un précurseur?

— Helas! elle apporte une rame Et les vêtements d'un pêcheur.

Notre père est parti; pour que Dieu nous le rende,

Frère, prions à deux genoux.

Sa barque est si petite, et la mer est si grande!

Seigneur, ayez pitié de nous !

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