AH! QU'IL EST DOUX DE REVOIR SON PAYS
Air : Echo de» bot* et <lrx ttccotd* champêtres.
Pour quelque temps un frère vous arrive;
Adieu Paris, turbulente cité,
Je viens encor saluer cette rive
Dont les échos raniment ma gaité.
Chers compagnons de ma rapide enfance ,
Auprès de vous que je me réjouis !
Mes bons amis, après dix ans d'absence,
Ah! qu'il est doux de revoir son pays!
Le troubadour, ainsi que l'hirondelle, Vers son doux nid revole avec ardeur; Dans les flots purs d'une source fidèle Sa poésie a repris sa verdeur.
0 mon berceau, de ta riche vallée Mon coeur est plein , mes yeux sont éblouis. Je puis bientôt reprendre ma volée :
Ah! qu'il est doux de revoir son pays!
On me disait : Pour ton âme amoureuse Naîtront, hélas! mille déceptions:
Elle n'est plus, la jeunesse rieuse Qui fut l'objet de tes illusions.
Je le sais trop , les roses sont fanées, Mais leurs boutons se sont épanouis.
Je crois revivre en mes belles années : Ah ! qu'il est doux de revoir son pays!
Le plus beau jour a parfois son orage;
Venez à moi, pensers attendrisanU;
Ici la mort a signalé sa rage :
Mon luth pieux doit pleurer les absents.
Enfants, vieillards, douloureuse hécatombe,
Sont, pour le ciel , sous la terre enfouis.
Ne fût-ce, au moins, que pour bénir leur tombe.
Ah! qu'il est doux de revoir son pays!
POESIES DE LACflAMBEAl ME.