‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 319 sur 354 · AH! QU'IL EST DOUX DE REVOIR SON PAYS · texte numérisé non relu

AH! QU'IL EST DOUX DE REVOIR SON PAYS

Air : Echo de» bot* et <lrx ttccotd* champêtres.

Pour quelque temps un frère vous arrive;

Adieu Paris, turbulente cité,

Je viens encor saluer cette rive

Dont les échos raniment ma gaité.

Chers compagnons de ma rapide enfance ,

Auprès de vous que je me réjouis !

Mes bons amis, après dix ans d'absence,

Ah! qu'il est doux de revoir son pays!

Le troubadour, ainsi que l'hirondelle, Vers son doux nid revole avec ardeur; Dans les flots purs d'une source fidèle Sa poésie a repris sa verdeur.

0 mon berceau, de ta riche vallée Mon coeur est plein , mes yeux sont éblouis. Je puis bientôt reprendre ma volée :

Ah! qu'il est doux de revoir son pays!

On me disait : Pour ton âme amoureuse Naîtront, hélas! mille déceptions:

Elle n'est plus, la jeunesse rieuse Qui fut l'objet de tes illusions.

Je le sais trop , les roses sont fanées, Mais leurs boutons se sont épanouis.

Je crois revivre en mes belles années : Ah ! qu'il est doux de revoir son pays!

Le plus beau jour a parfois son orage;

Venez à moi, pensers attendrisanU;

Ici la mort a signalé sa rage :

Mon luth pieux doit pleurer les absents.

Enfants, vieillards, douloureuse hécatombe,

Sont, pour le ciel , sous la terre enfouis.

Ne fût-ce, au moins, que pour bénir leur tombe.

Ah! qu'il est doux de revoir son pays!

POESIES DE LACflAMBEAl ME.

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