‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 45 sur 354 · LE LIVRE ET L'ÉPÉE · texte numérisé non relu

LE LIVRE ET L'ÉPÉE

Dans un réduit obscur, une Longue Rapière

Se couvrait, chaque jour, de rouille et de poussière.

Apercevant un Livre, elle lui parle ainsi :

• ftue je hais le repos où je languis ici !

Tu reçois 1rs honneurs et chacun nie délaisse;

El je1 suis cependant plus utile que toi.

Tandis que dans les cœurs tu sèmes la mollesse,

Je vole 'i ioi t au but; tout tremble dcvanl moi.

Je voudrais, tn'éloignanl de ces froides murailles,

Vivre, comme autrefois, de sang cl de batailles... •

Le Livre lui répond : ■• Le Glaive a i.m son lemps;

T)n ne converti! plus p. h la force bi utalc.

Ralentis, noble preux,, la valcu.' martiale;

Où je vois des amis, tu vois des combattants. Tu portes en tous lieux la haine et la vengeance . El moi, je prêche a tous paix, amour, espérance. Quand tu vas promenant tes sanglantes fureurs, Par de sages conseils je corrige les mœurs... Allons, garde ta rouille et renonce a la guerre. Voit on le laboureur toujours creuser la terre'.' Il dételle ses bœufs, il pose l'aiguillon, Et puis sa main répand le grain dans le sillon. Ainsi, comme le soc tu sus remplir ton ride. Moi, je vais désormais, répandant ma parole, Faire germer pour tous des épis nourriciers : i i moi l'avenir, et dors sur tes huniers. »

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