‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 48 sur 354 · L'HOMME ET LE MOINEAU · texte numérisé non relu

L'HOMME ET LE MOINEAU

Un Homme, un beau matin, va visiter le* champs; C'est l'heure où les oiseaux fout entendre leurs chants,

Où des zéphirs la douce haleine

Réveille les fleurs dans la plaine.

Un Moineau cependant fait retentir les deux De ses battements d'aile et de ses cris joyeux. o Ah! cet Oiseau, dit l'Homme, est la touchante image

D'un cœur simple et religieux; Avec quel saint transport il va de son hommage

Saluer l'astre oriental,

El chanter, comme l'alouette , Aux pieds de l'Eternel son hymne matinal! » .Notre Homme dans sa poche avait une lorgnette;

Vers le Moineau la dirigeant, 11 voit, quelle surprise! un essaim voltigeant

De moucherons dont l'oiseau t'ait sa proie. « Ah! je distingue mieux, dit-il, en ce moment,

D'où viennent ces transports et ces longs cris de joie,

Tel poeie au Moineau ressemble assurément : Son âme, dites-vous, loin des sentiers immondes, Sur des ailes d'azur visite d'autr. s mondes

Et de célestes régions; Vous croyez qu'elle a ceint la divine couronne, Une c'est Dieu qui l'inspire, et qu'elle s'abandonne

A de sublimes visions...

Si vous le dépouillez de sa robe mystique, Vous verrez s'envoler son Eden poétique

Et vos douces illusions.

Voyez : il rit de ceux dont l'ame vierge encore N'encense que la gloire et son trône immortel;

L'or seul est le dieu qu'il adore; Il n'a pas d'autre muse, il n'a pas d'autre autel...

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