‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 6 sur 354 · LA POULE ET LES CAILLOUX · texte numérisé non relu

LA POULE ET LES CAILLOUX

Celait vers le printemps : Cocotte, la poulette, Du matin jusqu'au soir caquetait, caquetait,

Et tous les jours pondait.

Vainement sur ses œufs se fiait la pauvret'e; Isabeau, la fermière, au marché les portait. Aussi Cocotte allait, criait, se lamentait : Femmes qui me lisez, vous comprendrez sa peine.

Pour lui jouer un malin tour,

Un enfant sur le sable, un jour, De cailloux blancs et ronds ramasse une douzaine,

Et les pose furtivement

Dans le nid de la désolée.

Il réussit parfaitement.

Voyant ces œufs menteurs, la Poule, consolée, Couve, couve, et s'écrie, en son ravissement : « L'amour n'est pas une chimère!

. Enfin, enfin je serai mère, Mère de beaux enfants qui feront mon bonheur!... Trop lot s'évanouit cette flatteuse erreur, Trop tôt l'espoir fit place à la douleur amèro.

De ce récit ne riez pas, lecteur :

Notre pauvre planète en pareils faits abonde. Souvent bien des penseurs, aussi sages que vous, Onl cru dans leur cerveau faire germer un monde, El n'ont couvé que des cailloux...

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