‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 129 sur 287 · IX. Le Coche et la Mouche · texte numérisé non relu

IX. Le Coche et la Mouche

Dans un chemin montant, sablonneux, malaise, Et de tous les côtés au soleil exposé ,

Six forts chevaux tiraient un coche.

Femmes, moines, vieillards, tout était descendu : L'attelage suait, soufflait, était rendu. Une mouche survient, et des chevaux s'approche,

Prétend les animer par son bourdonnement , Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment

Qu'elle fait aller la machine, S'assied sur le timon, sur le nez du cocher.

Aussitôt que le char chemine ,

Et qu elle voit les gens marcher, Elle s en attribue uniquement la gloire, Va. vient, fait l'empressée : il semble que ce soit Un sergent de bataille allant en chaque endroit Faire avancer ses gens et hâter la victoire.

La mouche , en ce commun besoin .

Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin; Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.

Le moine disait son bréviaire :

Il prenait bien son temps! une femme chantait : (Jetait bien de chansons qu'alors il s'agissait! Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles,

Et fait cent sottises pareilles.

Après bien du travail, le coche arrive au haut : Respirons maintenant ! dit la mouche aussitôt : J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine. Cà . messieurs les chevaux, payez-moi de ma peine.

Ainsi certaines gens, faisant les empressés.

S'introduisent dans les affaires :

Ils font partout les nécessaires, Et. partout importuns, devraient être chassés.

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