XX. Jupiter et les Tonnerres
Jupiter, voyant nos fautes, Dit un jour, du haut des airs :
Remplissons de nouveaux hôtes Les cantons de l'univers Habités par cette race Qui m'importune et me lasse.
Va-t'en, Mercure, aux enfers, Amène-moi la Furie La plus cruelle des trois.
Race que j'ai trop chérie, Tu périras cette fois !
Jupiter ne tarda guère
A modérer son transport.
O vous, rois, qu'il voulut faire
Arbitres de notre sort.
Laissez , entre la colère
Et l'orage qui la suit .
L'intervalle d'une nuit.
Le dieu dont l'aile est légère , Et la langue a des douceurs.
Alla voir les noires sœurs.
A Tisiphoae et Mégère Il préféra, ce dit-on, L'impitoyable Alecton.
Ce choix la rendit si fière , Qu'elle jura par Pluton Que toute l'engeance humaine Serait bientôt du domaine Des déités de là-bas.
Jupiter n'approuva pas Le serment de l'Euménide.
Il la renvoie : et pourtant Il lance un foudre à l'instant Sur certain peuple perfide.
Le tonnerre, ayant pour guide Le père même de ceux Qu'il menaçait de ses feux , Se contenta de leur crainte ; Il n'embrasa que l'enceinte D'un désert inhabité :
Tout père frappe à côté Qu'arriva-t-il? Notre engeance Prit pied sur cette indulgence.
Tout l'Olympe s'en plaignit ; Et l'assembleur de nuages Jura le Styx , et promit
De former d'autres orages :
Us seraient sûrs. On sourit; On lui dit qu'il était père, Et qu'il laissât , pour le mieux , A quelqu'un des autres dieux D'autres tonnerres à faire.
Vulcain* entreprit l'affaire.
Ce dieu remplit ses fourneaux De deux sortes de carreaux1 :
L'un jamais ne se fourvoie; Et c'est celui que toujours L'Olympe eu corps nous envoie :
L'autre s'écarte en son cours; Ce n'est qu'aux monts qu'il en coûte ; Bien souvent même il se perd ; Et ce dernier en sa route Nous vient du seul Jupiter.