‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 188 sur 287 · VIII. La Perdrix et les Coqs · texte numérisé non relu

VIII. La Perdrix et les Coqs

Parmi de certains coqs, incivils, peu galants,

Toujours en noise, et turbulents,

Une perdrix était nourrie.

Son sexe, et l'hospitalité, De la part de ces coqs, peuple à l'amour porté, Lui faisaient espérer beaucoup d'honnêteté : Us feraient les honneurs de ia ménagerie. Ce peuple cependant, fort souvent en furie. Pour la dame étrangère ayant peu de respec*, Lui donnait fort souvent d'horribles coups de bec.

D'abord elle en fut affligée; Mais, sitôt qu'elle eut vu cette troupe enragée S'entre-battre elle-même et se percer les flancs, Elle se consola. Ce sont leurs mœurs, dit-elle; Ne les accusons point, plaignons plutôt ces gens

| Vieux mot, pour araignée, qu'on trouve encore employé clans Coquillard cl dans Ronsard.

* VAR. Respect, dans toutes les éditions modernes ; mai* dans les éditions originales, et même dans celle de 1729, le t se trouve retranché ; et on écrit respec pour la rime, ei par licence poétique. 11 y a d'antres exempler du même retranchement pour le même mot dans les poètes de ce temps.

Jupiter sur un seul modèle

N'a pas formé tous les esprits ; Il est des naturels de coqs et de perdrix. S'il dépendait de moi, je passerais ma vie

En plus honnête compagnie.

Le maître de ces lieux en ordonne autrement.

Il nous prend avec des tonnelles, Nous loge avec des coqs , et nous coupe les ailes : C'est de l'homme qu'il faut se plaindre seulement.

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