‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 236 sur 287 · ADONIS. POEME · texte numérisé non relu

ADONIS. POEME

Dont le pouvoir s'étend sur tout ce qui respire, Roi des peuples légers, souffrez que mon amant De son triste départ me console un moment. Vous ne le perdrez point : le trésor que je pleure Ornera tôt ou tard votre sombre demeure1. Quoi! vous me refusez un présent si léger! Cruels, souvenez-vous qu'Amour m'en peut venger. Et vous, antres cachés, favorables retraites, Où nos cœurs ont goûté des douceurs si secrètes : Grottes, qui tant de fois avez vu mon amant Me raconter des yeux son fidèle tourment , Lieux amis du repos , demeures solitaires . Qui d'un trésor si rare étiez dépositaires , Déserts, rendez-le-moi : deviez-vous avec lui Nourrir chez vous le monstre auteur de mon ennui? Vous ne répondez point. Adieu donc, ô belle ânnj ! Emporte chez les morts ce baiser tout de flamme : Je ne te verrai plus ; adieu , cher Adonis !

Ainsi Vénus cessa. Les rochers, à ses cris, Quittant leur dureté , répandirent des larmes : Zéphyre en soupira : le jour voila ses charmes, D'un pas précipité sous les eaux il s'enfuit, Et laissa dans ces lieux une profonde nuit.

i Ceci est imité d'Ovide, dans le discours que ce poète prête à Orphée, lorsqu'il supplie les divinités de l'enfer de lui rendre son épouse. Métam. , I, x, vers 29.

Per ego hrec loca pleria timoris, Per chaos hoc ingens , vastique silentiii regni, TCurydices, oro, properata retexite fila. /)ninia deuemur vobis : paiilninque morati , Serius nut citius sedem properaïuns ad unani. Tendimus hue omnes , hajc est donius ultima : vosque Humani generis longissima régna tenetîâ.

Hœc quoque, cuni justos matura peregerit annos, Juris erit vestri.

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