‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 251 sur 287 · REMERCIMENTS DU COMTE DE FIESQUE AU ROI · texte numérisé non relu

REMERCIMENTS DU COMTE DE FIESQUE AU ROI

Vous savez conquérir les États et les hommes : Jupiter prend de vous des leçons de grandeur; Et nul des rois passés, ni du siècle où nous sommes, N'a su si bien gagner l'esprit avec le cœur.

i Louis XIV força la république de Gênes à payer cent mille éeus au comte de Fiesque, en dédommagement des droits que celui-ci prétendait avoir sur celte république, et sur lesquels il avait fait imprimer un mémoire. Cette somme fut payée avant la signature du traité avec cette république, qui n'eut lieu qu'à la fin de février 168,5. l.e comte de Fiesque récita au roi la pièce que la Fontaine avait composée pour lui à ce sujet, le 7 novembre 1684. Voyez VHistoirc de la vie et des ouvrages de la Fontaine, troisième édition, 182't, in -S", p 386.

Dans les emplois de Mars, vos soins, votre conduite. Votre exemple et vos yeux animent nos guerriers . Vous étendez partout l'ombre de vos lauriers :

La terre enfin se voit réduite A vous venir offrir cent hommages divers ;

Vous avez eulin su contraindre

Tous les cantons de l'univers

A vous obéir ou vous craindre.

J'étais près de céder aux destins ennemis , Quand j'ai vu les Génois soumis, Malgré les faveurs de Neptune , Malgré des murs où l'art humain >

Croyait enchaîner la fortune Que vous tenez en votre main.

Cette main me relève , ayant abaissé Gêne , .Te ne l'espérais plus, je n'en suis plus en peine. Vos moindres volontés sont autant de décrets,

Vos regards sont autant d'oracles :

Je ne consulte qu'eux ; et, malgré les obstacles, Je laisse agir pour moi vos sentiments secrets.

Vous témoignez en tout une bonté profonde, Et joignez aux bienfaits un air si gracieux , Qu'on ne vit jamais dans le monde De roi qui donnât plus . ni qui sût donner mieux.

Page 1