‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 72 sur 287 · XIX. I/Oracle et l'Impie · texte numérisé non relu

XIX. I/Oracle et l'Impie

Vouloir tromper le ciel , c'est folie à la terre. Le dédale des cœurs en ses détours n'enserre Rien qui ne soit d'abord éclairé par les dieux : Tout ce que l'homme fait, il le fait à leurs yeux, Même les actions que dans l'ombre il croit faire.

Un païen, qui sentait quelque peu le fagot1, Et qui croyait en Dieu, pour user de ce mot,

Par bénéûce d'inventaire2,

Alla consulter Apollon.

Dès qu'il fut en son sanctuaire :

Ce que je tiens, dit-il, est-il en vie ou non?

Il tenait un moineau, dit-on,

Prêt3 d'étouffer la pauvre bête,

Ou de la lâcher aussitôt,

Pour mettre Apollon en défaut.

Apollon reconnut ce qu'il avait en tête :

i expression proverbiale, pour dire, qui méritait d'être brûlé vif.

- C'est-à-dire qu'à condition, et qu'autant que cela ne le gênerait en rien, et ne lui coûterait aucun sacrifice. Le bénéfice d'inventaire est le droit conféré par la loi, de n'acceptée un héritage qu'à condition de n'en payer les dettes et les charges que jusqu'à la coucui rence des biens inventoriés.

3 C'est ainsi qu'a écrit la Fontaine.

Mort ou vif, lui dit-il, montre-nous ton moineau, Et ne me tends plus de panneau :

Tu te trouverais mal d'un pareil stratagème. Je vois de loin, j'atteins de même.

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