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LES ARTILLEURS ET LES ARTIFICIERS

Dès que frère Roger Bacon 7^ Avec un peu de sel, de soufre et de charbon,

Eut fait une nouvelle foudre; Pendable imitateur des célestes carreaux, Pour le malheur de l'homme et celui des perdreaux ,

Dès qu'il eut inventé la poudre ;

On vit deux genres d'ouvriers,

Par un contraste assez étrange, Faire usage à l'envi de ce bruyant mélange , Ce sont les artilleurs et les artificiers : Les uns agents du dieu qui préside aux conquêtes , Et les autres d'un art qui brille dans nos fêtes.

Ainsi le salpêtre infernal ,

Selon l'artisan qui l'emploie ,

Donne également le signal

De la fureur et de la joie.

Au gré des caprices du sort ,

Tantôt il forme ces tempêtes

Qui, funestes à tant de têtes,

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Sortent du bronze avec la mort ;

Tantôt, ministre d'allégresse

Au sein de la publique ivresse , Allumé par la paix , la gloire et les amours , Il rayonne en soleil, il rejaillit en gerbes, Il étincelle en pluie; et dans ses jeux superbes Prête aux plus sombres nuits l'éclat des plus beaux jours.

Ces effets opposés , l'esprit sait les produire.

Peut-on le louer trop? Peut-on trop l'accuse S'il a le don d'amuser, A-t-il moins le don de nuire ?

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