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LIVRE VII

FABLE XVIII

l'abeille.

Dans ses travaux suivons l'abeille.

Se laissant abuser par de vaines couleurs , S'en va-t-elle au hasard sucer toutes les fleurs

Dont l'aurore emplit sa corbeille ?

Avide uniquement de sucre et de parfums , Eléments généreux de son trésor céleste , Sur l'humble serpolet , sur la sauge modeste ,

Sur les œillets les plus communs ,

Comme sur la plus belle rose ,

Nous voyons qu'elle se repose :

Nous voyons qu'elle cherche au fond des verts bosquets,

Et la mélisse et les bouquets Que le buisson défend de son épine aiguë ;

Elle aime à les caresser : mais

La vit-on s'arrêter jamais

Sur les pavots ou la ciguë ?

Profitez de l'exemple , apprentis beaux esprits ,

De l'abeille prudente imitateurs fidèles, Pour produire de bons écrits , Nourrissez-vous de bons modèles.

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