‹ Fables et poésies diversesChapitre 160 sur 257 · LE VERRE DEAU-DE-VIE · texte numérisé non relu

LE VERRE DEAU-DE-VIE

Deux compagnons entrent au cabaret ;

Las tous les deux , ils venaient , dit l'histoire ,

De la kermesse ou de la foire I09.

Sur le comptoir , sans plus d'apprêt

Ils se font apporter à boire.

Or ces deux bons amis , ou ces deux bons parents ,

Etaient d'âges fort différents :

L'un , quoique garçon des plus grands ,

A dix-sept ans touchait à peine ;

L'autre allait sur la cinquantaine , Et déjà ses cheveux commençaient à blanchir. Il n'avait pas besoin , lui , de se rafraîchir :

Grâce à quelques doigts d'eau-de-vie, Revenu pour une heure au printemps de sa vie, Il reprend son chemin plus leste et mieux portant. L'homme au menton sans barbe en croyait faire autant ;

Il avait aussi bu rasade :

Cela lui fut moins bon qu'à son vieux camarade.

Par ce breuvage , l'imprudent ,

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