LE VERRE DEAU-DE-VIE
Deux compagnons entrent au cabaret ;
Las tous les deux , ils venaient , dit l'histoire ,
De la kermesse ou de la foire I09.
Sur le comptoir , sans plus d'apprêt
Ils se font apporter à boire.
Or ces deux bons amis , ou ces deux bons parents ,
Etaient d'âges fort différents :
L'un , quoique garçon des plus grands ,
A dix-sept ans touchait à peine ;
L'autre allait sur la cinquantaine , Et déjà ses cheveux commençaient à blanchir. Il n'avait pas besoin , lui , de se rafraîchir :
Grâce à quelques doigts d'eau-de-vie, Revenu pour une heure au printemps de sa vie, Il reprend son chemin plus leste et mieux portant. L'homme au menton sans barbe en croyait faire autant ;
Il avait aussi bu rasade :
Cela lui fut moins bon qu'à son vieux camarade.
Par ce breuvage , l'imprudent ,