‹ Fables et poésies diversesChapitre 165 sur 257 · LE MOULIN A VENT ET LE MOULIN A EAU · texte numérisé non relu

LE MOULIN A VENT ET LE MOULIN A EAU

Las d'être garçons jardiniers , Deux frères se firent meuniers.

Au prix des champs héréditaires Qu'un père leur avait laissés Joignant quelques écus par leur mère amassés , D'un moulin les voilà tous deux propriétaires. Mais c'est en ce point seulement Que leur destinée est commune :

Car tous deux au même élément N'ont pas confié leur fortune.

L'aîné sur le cours d'un ruisseau A grands frais bâtit sa machine ; Argent , espérance et farine , Ce bon homme à tout mis sur l'eau.

Mettant tout en l'air , au contraire , Au haut d'un mont, sur un pivot, son frère Etablit son mouvant château.

Chez le meunier aquatique Deux ans durant tout alla pour le mieux:

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