LES ETRENNES
« Tout le monde est content de toi.
« Mes promesses ne sont pas vaines; « Embrassons-nous , Charle , et dis-moi « Ce que tu veux pour tes étrennes.
Tu n'es pas encor d'âge à porter des bijoux. Serais-tu d'âge encore à vouloir des joujoux ? — Oui , si j'en trouvais un des joujoux à la mode , Tout aussi différent que la nuit l'est du jour , Et qui , sans étourdir par le bruit incommode « De la trompette ou du tambour , « Ou par des cris de basse-cour , « Tout en parlant à mes oreilles , « Amusât mon esprit , et même aussi mes yeux , « Et pût en tous les temps me suivre en tous les lieux. « Mais je rêve : où trouver des étrennes pareilles? « — A quatre pas , chez le voisin ; « Il en possède un magasin.
« — La nouvelle est vraiment étrange. « N'irons-nous pas, mon père? — Allons-y. » Le papa