‹ Fables et poésies diversesChapitre 173 sur 257 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

Avec Charle aussitôt s'en va ,

Non chez Grancher *, mais chez Bossange **, Près du temple où naguère hurlait notre opéra ,

Dans une belle galerie, Par le sommet ouverte aux traits d'un jour égal ,

Là sont rangés , sous le cristal , Les trésors du génie et de l'imprimerie ; Là l'immortel Homère et l'éternel Platon , Le folâtre Arioste et le sage Adison , Et Voltaire et Virgile, et Montagne et Sénèque, Et Racine le tendre , et Boileau le malin , Aux presses de Didot rajeunis sur vélin , Et de pourpre habillés chez Romme ou Thouvenin , Attendent qu'on leur ouvre une bibliothèque. Leur éclat de l'enfant éblouit les regards. « Choisis , lui dit son père, homme alors des plus sages : « Les produits de l'esprit, embellis par les arts, « Du joujou qui te manque ont tous les avantages. « Monsieur Bossange, au fait , ne vend que des joujoux,

« Mais il en tient pour tous les goûts ,

« Mais il en tient pour tous les âges. « — J'entends , » dit l'écolier , qui n'était pas un sot. Il en donna bientôt une preuve certaine : Papa lui proposait les Contes de Guizot ' ' 8 ,

L'enfant demanda La Fontaine.

Marchand de joujoux. •

** Libraire.

FABLE XIX

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