‹ Fables et poésies diversesChapitre 20 sur 257 · LE FLEUVE · texte numérisé non relu

LE FLEUVE

Un grand fleuve parcourt le monde :

Tantôt lent , il serpente entre des prés fleuris ,

Les embellit et les féconde ; Tantôt rapide , il s'enfle , il se courrouce , il gronde , Roulant, précipitant, au milieu des débris,

Son eau turbulente et profonde.

A travers les cités , les guérets , les déserts , Il va, distribuant, à mesure inégale, Aux avides humains , dont ses bords sont couverts , Les trésors de son urne avare et libérale :

Ainsi , tandis que l'un , dans son repos ,

Bénit la main de la nature , Qui dans son héritage a fait passer leurs flots ,

Ou les lui donne pour ceinture , L'autre maudit le sol dont les flancs déchirés Reproduisent sans cesse et le roc et la pierre , Indestructible digue , éternelle barrière , Assise entre le fleuve et ses champs altérés.

Mais le plaisant de cette histoire , 4- 3

C'est de voir certain compagn

Plongé dans l'eau jusqu'au me

Plus il a bu , plus il veut boir<

Insatiable , et , dans son bain ,

Cent fois moins heureux et m

Qu'un homme qui , tout près , sans dé

Regardant l'eau couler, n'en prend, j

Que ce qui peut tenir dans le creux d

Homme rare, sur ma parole !

Avec moi vous en conviendrez

Mes bons amis , quand vous sa

Que notre fleuve est le Pactol

Page 1