PROLOGUE
Amis , dans la riante plaine Qu'Esope ensemença jadis , J'ai ramassé quelques épis Après Phèdre , après La Fontaine.
Réeolte d'un pauvre glaneur,
Ces épis ne sont pas superbes :
Ce sont des brins , et non des gerbes ,
Qu'on trouve après le moissonneur.
N'importe , et Dieu me le pardonne !
Quand je vois mon petit trésor , Je me trouve assez riche encor, Et je n'ai rien pris à personne.
Sans rivaliser ses travaux , De Jean j'adoptai le système :
Je me dois le peu que je vaux ; Je suis moi, comme il est lui-même.
« Ne forçons point notre talent , « Nous ne ferions rien avec grâce , »
A dit cet esprit excellent, Dont je n'ai pas suivi la trace.