AU BARON
ALEXANDRE HUMBOLDÏ1
Cher Humboldt , vous dont le génie , Vous dont la science infinie Et vaste comme l'univers , Qu'il aille droit ou de travers, Démêle à quels ressorts divers Tient le désordre ou l'harmonie ; Vous qui de vos pas éclairez , Rival du dieu de la lumière , Tous les lieux que vous parcourez , Et parcourez la terre entière ; Esprit profond, esprit subtil, Ame à la fois simple et sublime, C'est à vous , du fond de l'exil Où me console votre estime , Où vos écrits charment des maux Presque aussi grands que mon courage ; C'est à vous , vrai savant , vrai sage , Que , confident des animaux , Dont je parle un peu le langage , C'est à vous que je fais hommage
EPITRE DEDIGATOIRE.
De ce trop complet assemblage De rêves , tant vieux que nouveaux , Qu'en mes loisirs, en mes travaux, Au gré d'un sort par trop volage, Au gré des astres inconstants , J'ai fait, tantôt pendant l'orage, Et tantôt pendant le beau temps.
A ces vers que mon cœur m'inspire , Illustre ami , par un sourire , D'ici je vous vois faire accueil ; Mais auriez-vous tant d'indulgence Si j'avouais , en confidence , Que, sur le front de mon recueil , J'inscris votre nom par orgueil Autant que par reconnaissance.