L OLIVE
L'olive aux champs n'est pas ce qu'elle est sur la table ; Celui qui le premier s'avisa d'en goûter
Fit une mine épouvantable ,
Au feu voulut faire jeter Le tronc qui produisait un fruit si détestable. Mieux vaut le cultiver , lui dit la déité Qui faisait ce présent à l'Attique fertile ; Plus qu'on ne croit , son fruit peut devenir utile S'il se trouve chez vous un homme assez habile
Pour corriger sa crudité.
Minerve avait raison ; le fruit que l'on dédaigne , Par un fort habile homme à la fin ramassé ,
Dans l'eau propice où l'art le baigne , De ses défauts un jour se voit débarrassé 2.
io FABLES.
Il n'est , depuis , ami de bonne chère Qui n'en veuille en mille ragoûts ; Et , grâce à l'apprêt qui tempère L âcreté de son caractère , Ni trop douce , ni trop amère , L'olive est devenue un mets de tous les goûts.
Cet apprêt que l'habile artiste Fit subir au fruit rebuté , Est celui que le fabuliste Doit donner à la vérité.
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