‹ Fables et poésies diversesChapitre 49 sur 257 · LE CHENE ET LES BUISSONS · texte numérisé non relu

LE CHENE ET LES BUISSONS

Le vent s'élève ; un gland tombe dans la poussière : Un chêne en sort. — Un chêne ! Osez- vous appeler Chêne cet avorton qu'un souffle fait trembler? Ce fétu, près de qui la plus humble bruyère

Serait un arbre? — Et pourquoi non?

Je ne m'en dédis pas, docteur; cet avorton, Ce fétu, c'est un chêne, un vrai chêne, tout comme

Cet enfant qu'on berce est un homme.

Quoi de plus naturel, d'ailleurs, que vos propos! Vous n'avez rien dit là, docteur, qu'en leur langage

Tous les buissons du voisinage Sur mon chêne , avant vous , n'aient dit en d'autres mots : « Quel brin d'herbe, en rampant, sous notre abri se range?

« Quel germe inutile , égaré ,

« A nos pieds végète enterré

« Dans la poussière et dans la fange ? « — Messieurs, » leur répondait, sans discours superflus, Le germe, au fond du cœur, chêne dès sa naissance, « Messieurs, pour ma jeunesse ayez plus d'indulgence:

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