ÉSOPE ET PR0T£E
Lorsque dans TËlysée Ésope descendit,
Protée en souriant lui dit :
r< Sous ces bosquets divins, sur ces fleurs éternelles, A jamais unissons nos ombres fraternelles; Viens, ô toi qui là>haut me remplaçais si bien.
— Je ne te comprends pas, répond le Phrygien.
— Quoi ! dans tes fables immortelles N'as-tu pas, comme moi, pris cent masques divers?
— C'est vrai ; n^ais entre nous grande est la différence
Tu voulais cacher ta science, Et moi je m'efforçais d'instruire l'univers. »