LA GOUTTE D'EAU
Un orage grondait à l'horizon lointain , Lorsqu'une goutte d'eau, s'échappant de la nue, Tombe au sein de la mer et pleure son destin. « Me voilà dans les flots , inutile , inconnue , Ainsi qu'un grain de sable au milieu des déserts. Quand sur Paile du vent je roulais dans les airs . Un plus bel avenir s'offrait à ma pensée : J'espérais sur la terre avoir pour oreiller L'aile du papillon ou la fleur nuancée, Ou sur le gazon vert et m'asseoir et briller... • Elle parlait encore : une huître, à son passage. S'enlr'ouvre, la reçoit, se referme soudain.
Celle qui supportait la vie avec dédain Durcit, se cristallise au fond du coquillage, Devient perle bientôt , et la main du plongeur La délivre de l'onde et de sa prison noire , Et depuis, on l'a vue, éclatante de gloire, Sur la couronne d'or d'un puissant empereur.
0 toi, vierge sans nom, fllle du prolétaire, Qui retrempes ton âme au creuset du malheur, Un travail incessant fut ton lot sur la terre ; Prends courage ! ici-l)as cliacun aura son tour : Dans les flots de ce monde , où tu vis solitaire , ^Comme la goutte d'eau tu seras perle un jour...